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2e partie : La reconquête de ma santé
Un premier signe
Beaucoup d’éléments étaient désormais réunis pour me permettre d’améliorer ma état : j’avais compris que la médecine ne me sauverait pas, j’avais envi de guérir et je me sentais aidé car je m’étais remis en contact avec Dieu, j'avais fait le ménage dans la gestion de mon temps et offert d'avantage de repos à mon organisme, j'avais accepté de sortir des attentes des autres pour vivre ma maladie. Ce qui me manquait était de comprendre exactement pourquoi mon corps était si malade et les moyens existants qui pouvaient me permettre de reconstruire ma santé. La voie de cette compréhension immense allait bientôt s’afficher devant moi.
Je dois dire que mon attitude face à la vie changea le jour où je repris mes prières. Voulant montrer ma motivation à vivre, j’entrepris des actions concrètes pour le retour de ma santé. Le pire de ma mononucléose étant derrière moi, je pris la décision courageuse de faire un petit jogging quotidien pour activer mon organisme et permettre la remise en marche de mon système digestif. Nul besoin d’être un grand savant pour comprendre que quelqu’un ni ne mange rien et n’élimine pas ne peut guère espérer voir son état de santé s’améliorer.
Il faut comprendre qu’à l’époque ma santé et ma faiblesse était telles que d’aller faire un jogging était une action quasiment impensable qui comportait des risques réels. J’avais des troubles d’arythmie cardiaque, je souffrais d’infections de toutes sortes à chaque exposition à l’air frais, j’étais maigre et faible.
Je pris tout de même mon courage à deux mains et j’entrepris de tenter cette expérience. Mes réflexions ayant cheminé depuis fort longtemps, j’en étais arrivé à une conclusion simple que je résumerais ainsi : « si j'étais pour mourir, aussi bien le faire en tentant de survivre ». Cela m’apparaissait comme étant tout à fait logique, j’aimais mieux mourir à tenter quelque chose que de mourir coucher dans mon lit à ne rien faire pour m’en sortir. Un tel raisonnement fut suffisant pour me donner une énergie que je ne croyais même plus avoir.
Dans les faits, mes premiers joggings furent plutôt des marches rapides de quelques centaines de mètres d’une cadence à peine soutenue. Ce petit brin d’exercice m’épuisait totalement pour deux journées entières. Je sentais mon cœur battre dans ma tête, j’avais des points au ventre, des raideurs dans le dos et je devenais tout étourdi. Malgré ces symptômes, dès que j’avais réussi à récupérer assez d’énergie, je m’élançais de nouveau pour une distance légèrement plus grande à chaque fois.
Je me trouvais un peu fou de sortir en plein mois d’avril alors que la température était d’à peine cinq à dix degrés Celsius, moi qui souffrais d’une mononucléose. Désormais, je n’avais plus peur de mourir puisque cela était de toute façon ce qui m’attendait si je ne faisais rien pour changer le cours de ma vie.
J’avais développé des motivations pour me donner l’énergie nécessaire à mon combat. J’avais fait le bilan de ma vie, je savais ce qui comptait réellement pour moi à présent et j’avais l’intention de ne pas disparaître sans avoir réalisé ce qu’Alain Paquette était venu faire sur cette planète avec tous ses talents que j’avais presque complètement gâchés. Il me restait encore un souffle de vie et tant que celui-ci allait être présent, j’allais me battre pour le conserver et ce malgré que je doive changer ma façon de vivre à un point de même plus me reconnaître moi-même.
Je voulais revivre l’amour, l’amitié, la joie, le partage et réaliser ce dont je n’avais jamais eu le courage : mes modestes projets artistiques que j’avais mis au rancard pour me donner à la science, que je croyais plus prometteuse que l’art. Constamment j’avais en tête de vivre pour avoir des enfants, pour aimer, pour partager la prise de conscience que la maladie m’avait apporté, etc. Garder ces éléments dans mon esprit m’a procuré une énergie incroyable malgré mon état pitoyable.
Plus j’effectuais des gestes concrets pour ma santé, plus je me sentais engagé envers elle. Graduellement, j’entrepris d’améliorer mon alimentation et surtout de faire preuve de discipline durant un certain temps. Je n’avais aucune idée du cheminement qui m’attendait ni de ce à quoi ressemblait une alimentation réellement saine, mais j’étais prêt à tout essayer et à ne reculer devant rien.
J’étais aussi beaucoup plus à l’écoute des conseils des gens autour de moi. Peut-être parce que j’y voyais des manifestations possibles de l’aide que j’avais demandée au ciel ou simplement dû à l’humilité fondamentale que je commençais à afficher dans ma façon d’être. On m’avait raconté une histoire que j’avais gardée à l’esprit concernant les manifestations possibles de l’aide de Dieu en ce monde :
C’est l’histoire d’un homme très croyant et possédant une très grande foi. Un jour, convaincu de son lien étroit avec dieu, il se jette à la rivière dans l’espoir et l’attente que dieu viennent le sauver. Aussitôt tomber dans les eaux mouvementés de la rivière, il voit une grosse branche d’arbre sur laquelle il pourrait s’accrocher pour rester à flot plus facilement. Notre homme décidé à attendre que Dieu le sauve en personne ignore cette chance de se sortir des eaux. Peu de temps après, des gens sur la rive remarque l’homme pris dans le courant de la rivière et rapidement on lui lance une bouée de sauvetage pour qu’il s’y agrippe. L’homme convaincu que Dieu ne le laissera pas mourir et viendra le sauver laisse la bouée lui passé sous le nez sans s’y accrocher. La fatigue le gagne mais l’homme est toujours aussi déterminé à attendre la venue du bon dieu. Les secours, s’organisant pour le sortir de l’eau, font appel à un hélicoptère de secours. L’hélicoptère survole notre fidèle et une échelle lui est tendue pour qu’il puisse être sorti de l’eau. Trop faible et convaincu qu’il sera sauvé par dieu au dernier instant, l’homme ne fait même pas l’effort nécessaire pour l’attraper. L’homme se noie.
Une fois rendu au ciel, il rencontre le bon dieu et lui demande : « Mon Dieu, pourquoi ne m’avez-vous pas sauvé des eaux? N’ai-je pas été une bonne personne ayant la foi? »
Dieu lui répond : « Je t’ai mis une branche sur ton chemin pour t’y agripper et tu la volontairement évité. Je t’ai envoyé des gens pour te lancer une bouée et tu l’as ignoré. Finalement, l’hélicoptère t’a tendu une échelle pour te sortir de l’eau mais tu attendais encore mon aide. Ne vois-tu pas toute l’aide que je t’ai offerte? »
C’est par cette nouvelle ouverture d’esprit, qui n’était pas typiquement mienne avant de tomber malade, que se retrouva entre mes mains le premier livre, qui allait changer ma façon de concevoir les maux dont je souffrais.
En réfléchissant au cheminement que j’avais dû suivre pour me rendre dans cet état lamentable, je me suis demandé si je n’avais pas simplement manqué un signe quelque part, moi qui n’avait que si peu d’écoute envers les autres, il était fort possible qu’une aide m’ait été offerte mais que je l’aie simplement ignoré car inconscient de sa valeur. En réfléchissant il me vint une piste que j’avais négligé depuis un bon moment.
Ma mère m’avait parlé à de nombreuses reprises d’un livre que ma grand-mère lui avait donnée avant sa mort en lui disant qu’il lui serait utile. N’étais-ce point là une drôle de coïncidence? Je trouvais que cela ressemblait à une histoire fantastique digne d’un scénario d’Hollywood : le livre magique léguer et perdu depuis des années dans des fonds de tiroirs allait-il vraiment m’aider! En réfléchissant à tout cela dans mon lit, je pris la décision d’accepter d’explorer ce livre que ma mère m’avait mentionné, moi qui détestait lire à cette époque et surtout des livres traitant d’alimentation, je croyais en savoir suffisamment à ce sujet pour bien m’alimenter.
Après quelques recherches dans la maison, ma mère trouva finalement le dit livre et je puis retourner dans mon lit pour le feuilleter. Je me souviens que ce livre eut l’effet d’une révélation sur moi à l’époque. Il s’agissait d’un livre d’une naturopathe qui s’intitulait Soigner avec pureté. Je découvris alors que les aliments ont des rôles à jouer dans le balancement de certains équilibres corporels comme l’acidité par exemple ou bien qu’ils aident à stimuler le travail de certains organes et la filtration des toxines. De plus, il était fait mention pour la première fois de mon existence d’une capacité du corps à accumuler des toxines. Cela n’était pas dit directement dans ces mots là mais c’était bien ce que le texte voulait dire.
Je me souviens que j’ai été très intrigués par la notion de toxine et que celle-ci m’apparaissait comme étant si logique que je me trouvais bête de ne jamais avoir songé avant au fait que la cigarette de mon père ou bien que mes troubles de constipation m’avait sans doute exposé à des concentrations élevés de toxines. Cela était pourtant si simple : rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme ou dit autrement, tout s’absorbe!
Cette allusion à une certaine accumulation de toxines dans le corps humain n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd, moi qui croyait alors que la passé était le passé et qu’un repas que j’avais pris il y a de cela plus de quelques jours n’avait aucun impact sur mon état de santé actuel, je compris que mon éducation en ce sens était soi: totalement à refaire et que je m’étais trompé quelque part dans ma façon de comprendre la vie ou soit totalement cohérente et ce livre était que de la foutaise.
Je soupçonnais déjà que mes troubles de constipations chroniques développé vers l’âge de quatorze ans avait nuit à ma santé et contribués à me mettre dans un état lamentable mais à la lecture de ce livre je compris la véritable bêtise que j’avais commise en voulant contrôler mon corps à se point de l’empêcher de se nettoyer! À la lecture de ce que l’auteure nommait un syndrome d’intoxication digestive, je me senti particulière visé et compris que tous les symptômes énumérés sous cette rubrique avait été vécu durant mon adolescence: lourdeur dans les jambes, urines qui ressemble à une purée de pois, douleur au bas du dos, grand besoin de fatigue, perte d’appétit, mauvaise haleine, nausée, etc.
Comment avais-je pu être aussi aveugle? J’avais bel et bien vécu tous ces symptômes mais ils ne m’avaient jamais apparus comme étant des indicateurs d’un dépérissement de mon corps ou d’un dysfonctionnement nécessitant une remise en question fondamentale de ma façon de vivre.
J’avais vécu mon adolescence me prétendant un jeune en santé sans que jamais personne ne m’indique la gravité de tels symptômes! Ces maux me semblaient bénins et peu porteur d’un message comme quoi mon corps souffrait grandement de mes habitudes de vie. De pages en pages, je réalisais l’ampleur de traitement que j’avais fait subir à mon corps durant des années et plus je lisais plus je ressentais à l’intérieur de moi mon état véritable. C’était comme si mon corps acquiesçait avec ce qui était marqué dans ce livre et me disait qu’il était enseveli sous des déchets.
Soudainement ce sentiment d’habiter mon corps que j’avais pris l’habitude d’endurer me révélait ses sources et son anormalité. J’avais accumulé des déchets et j’étais tombé malade, mais si cela était vrai, alors il devait y avoir un processus graduel que j’ai dû suivre dans lequel mes symptômes ont empiré selon une courbe ascendante. Je me mis donc à plonger dans mes souvenirs de mon adolescence pour tenter de reconstruire le cheminement de dépérissement qui m’avait conduit jusqu’à ce jour et vérifié si effectivement, j’avais construit mon état actuel, ou si celui-ci ne m’était que simplement tombé du ciel, comme je le pensais encore un peu.
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