Alain Paquette, conférencier, coach en alimentation saine.

Auteur du Guide alimentaire rajeunissant

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Mon adolescence


D'après mes souvenirs, c'est vers l'âge de onze ans que mes premiers troubles de constipation se sont manifestés. À cette époque, je me souviens avoir passé environ deux semaines sans aller à la selle. Par exemple, je me souviens être parti en vacances à Cuba durant une semaine et ne pas avoir éliminé une seule fois durant tout le voyage. Cet état de mauvaise élimination à la selle s'installa dans ma vie sur une base chronique à partir de ce moment.

 

Quelques années plus tard, alors que j'étais âgé d'environ quatorze ans, j'ai passé plus de quarante jours sans aller à la selle. Cela à durer tellement longtemps que je n'arrivais plus à compter le nombre de jours, ni de semaines que je n'avais pas éliminé. J'étais si éhonté de discuter de ce trouble que j'ai attendu de me sentir extrêmement mal avant d'en parler à ma mère. Évidemment, un tel problème ne fut pas facile à régler et je vous épargne les détails pour le moment, mais tout ce que je peux dire maintenant, c'est que suite à cette expérience désastreuse, mon corps à commencé à être gravement déréglé et mes éliminations sont devenus chroniquement espacées d'une semaine et plus.

 

Je commençais à me sentir de plus en plus mal dans mon corps sans y porter suffisamment d'attention. Le matin, je me levais souvent avec un mal de coeur et un manque d'appétit total. Malgré tout, j'enfilais continuellement des petits déjeuners sucrés et peu nutritif. J'avais remarqué lorsque j'étais au secondaire que mon corps semblait manifester une répugnance à l'égard des choses sèches et farineuses, un genre de ral-le-bol. Certes, je n'avais pas encore fait le lien que tous ces produits farineux était l'essentiel de ce que je consommais et que mon corps en était, déjà à cette époque, totalement saturé !

 

Photo prise vers l'âge

de 15 ou 16 ans

À l'âge de quinze ans, j'ai commencé à ressentir d'étranges sensations lorsque j'allais uriner. J'avais l'impression que mon corps se durcissait tranquillement de l'intérieur. Cette sensation montait graduellement en partant du bas de mon dos jusqu'à ce que, environ un an plus tard, elle soit rendue à mes omoplates. C'était comme si quelque chose s'accumulait à l'intérieur de moi, comme si mon corps perdait toute sensation de fluidité et devenait tranquillement insensible et dur. Malgré tout, je ne voyais aucun problème de santé apparaître suite à ces drôles de sensations, ainsi je ne m'inquiétais pas.

 

À ce même moment, de nombreux problèmes digestifs m'incommodaient en me causaient des fermentations intestinales qui me donnaient de graves maux de coeur. Ces désagréments duraient souvent plusieurs jours et me poussaient à sauter de nombreux repas. J'étais véritablement en train de devenir une dystillerie à l'intérieur et j'éprouvais de grands malaises sans pour autant m'en plaindre à qui que ce soit. Je dois dire que je n'étais pas du genre à m'arrêter à ce genre de choses.

 

Tranquillement, j'ai commencé à avoir des urines dans lesquelles je pouvais distinguer une sorte de purée. Cette purée était parfois si épaise que mon urine avait du mal à s'écouler. Au cours de ces années, j'ai constaté que ma capacité à jouer au soccer (football) avec endurance commençait à se détériorer de façon significative. J'étais alors à l'aube de mes dix-sept ans.

 

Un an auparavant j'avais eu ma première infection nécessitant la prise d'antibiotiques : une sinusite. Puis, un an plus tard, j'en avais fait une autre.

 

Certaines circonstances de vie m'amenèrent à me surcharger et à me stresser de plus en plus : début d'études plus sérieuses, première peine d'amour, début des premiers souçis d'argent, etc.Le fait d'approcher l'âge adulte me poussait à commettre de nouveaux excès alimentaires : restauration fréquente et suprématie du fast food. Je me souviens avoir mangé durant plus de trois années, plus de cinq fois par semaine de la pizza pour souper ! Par contre, je ne prenais pas de drogues et je ne consommais que très peu d'alcool, ce qui sans doute me portait à croire que je prenais suffisamment soin de moi.

 

Lors de mon 16e anniversaire en 1999

Le fait le plus important qui est ressorti de ma période d'adolescence fut sans doute que mon corps cessa de grandir à l'âge de 15 ans suite à tous ces signes de dépérissement qui s'emparait de moi. Dans la dernière poussée de croissance que j'ai vécue, la peau de mon dos s'est déchirée et a développé de nombreuses vergetures. Ce fut là le signe que mon corps ne disposait déjà plus des ressources et d'une fonctionnalité suffisante pour assurer son développement normal. Moi qui selon les courbes de croissance aurait dû faire facilement 6'1", je me suis arrêté à ce moment à un peu moins de 5'11". Je commençais à comprendre que la constipation chronique était un problème qui nuisait à ma santé mais j'étais loin de me douter de l'importance de ce problème dans le dénouement futur de ma santé.

 

Entre l'âge de 15 et 19 ans, mes habitudes alimentaires néfastes n'ont fait qu'empirer. Suite à l'obtention de mon permis de conduire et à l'augmentation de mes revenus, il me fut possible de comettre des excès plus régulièrement. Durant mes études Cégep par exemple, j'allais très souvent manger au restaurant des crêpes dans une soupe de sirop "cheap". Déjà, depuis la fin de mon cinquième secondaire, j'avais pris l'habitude de manger le midi dans différents restaurants "fast food" qui servaient poutines et frites. J'adorais le Catsup et les aliments vinaigrés, je mangeais beaucoup de grignotines et en plus, je consommais d'imposantes quantités de bonbons de toutes sortes.

 

Ma dépendance aux jeux vidéo, phénomène qui progressa tout au long de mon adolescence culminait entre ma 14e et ma 18e années. Je jouais plus de huit heures par jour et même, la fin de semaine, parfois jusqu'à seize heures par jour. Tout mon temps étant investi dans mes jeux, je préférais m'en tenir à la fabrication de repas faciles et rapides, donc je faisais des pizzas pita presqu'à chaque jour comme je l'ai mentionné un peu plus haut. Les résidus de tout ce fromage que j'ai absorbé durant cette période de ma vie ont été expulsé des années plus tard lorsque j'ai nettoyé mon colon à 21 ans...

 

Et le pire, n'oubliez pas, que j'effectuais cette sédentarité liée aux jeux vidéos dans une maison où la fumée secondaire était très présente. En plus, mon système d'élimination était déjà dysfonctionnel et j'étais depuis longtemps en mode d'encrassement exponentiel mais je ne le ressentais pas car je n'y portais aucune attention. Je m'étais mis dans la peau d'un superman pour tenter de combiner tout à la fois : travail, études, copine, loisirs, amis, etc. J'estimais ma santé relativement bonne malgré les inconvénients passagers que je subissais parfois en lien avec mes troubles de constipation chronique.

 

Déjà à cette époque, mes idées étaient fixées ailleurs, très loin de la réalité de mon corps et des symptômes qu'il présentait. Je me voyais, probablement comme tous les jeunes de ma génération, atteindre l'idéal capitaliste et obtenir la richesse qui m'était due. Jamais je n'aurais cru que mon corps puisse me lâcher avant même que j'atteigne la vingtaine ! Je me croyais autant en santé que le reste de la population et j'étais convaincu être capable de gérer les mauvais choix alimentaires que je commettais jour après jour (en fait, je ne considérais pas à l'époque que je commettais des mauvais choix alimentaires, je croyais que ma manière de m'alimenter était convenable). Je vivais sans porter d'attentions particulières aux soins de mon corps, si j'avais envi de faire quelque chose, je le faisais, voilà tout. C'était ça ma philosophie de vie, bien naïve, mais entièrement conforme à ce que la société attend des jeunes : la performance avant tout.

 

Entre l'âge de dix-sept et dix-neuf ans, je ne peux compter le nombre de fois que des gens de mon entourage ou de celui de mes parents m'ont dit à quel point j'allais finir par "virer pizza à force de manger de la pizza". J'en mangeais chaque soir, à peu d'exceptions près. Les inquiétudes des autres n'étaient rien pour moi, elles n'effleuraient même pas ma conscience ! Je me croyais entièrement libre de faire et de manger ce qui me plaisait, je refusais catégoriquement la logique que je propose aujourd'hui ! comme quoi l'ordre du monde impose une doctrine alimentaire plus bénéfiques qu'une autre... "bla bla bla" aurais-je dit alors ! J'étais littéralement athée, dans tous les sens du termes, je refusais toute forme de contrôle de la part de forces extérieures sur ma personne.

Ici, vous pouvez voir l'essentiel du mode de vie que j'adoptais entre l'âge de 15 et de 18 ans... On peut voir sur cette photo un grand sac de bonbons Skittles(c) près de l'écran d'ordinateur. On peut aussi y voir une canette de Coca-Cola (c). Je buvais régulièrement 3 à 6 boissons gazeuses par jour. Dans les poubelles, moins visible, il y a des papiers de barres de chocolats diverses. Derrière l'ordinateur ma collection de jeux vidéos de l'époque : Diablo, Starcraft, Half-Life, Diablo II, etc.  Et finalement on peut voir qu'en plus de parler au téléphone, j'étais en pleine partie de Diablo II, avec un portal ouvert dans le village du quatrième 'Act... Cette photo fut prise par mon frère qui, semble-t-il, trouvait ma vie extrême dans un certain sens que je comprend entièrement aujourd'hui !

 

À l'été 2001, je dois dire que j'ai vécu quelques choses qui m'a fait beaucoup réfléchir. Durant des jours j'ai vécu une intoxication alimentaire après être allé manger un hamburger dans une chaine de restauration rapide. Je me suis senti complètement empoisonné par un simple repas et j'ai eu beaucoup de mal à passer à travers cet épisode fortement désagréable. Pourtant, jamais auparavant je n'avais eu de difficultés à digérer ces repas fast food que j'aimais tant mais cette fois-ci, le goût de certains produits, peut-être des agents de conservation, semblait ne pas passer et me remonter constamment dans l'estomac. Je vomissais un peu mais surtout, j'étais carrément étourdie, fiévreux et tellement fatigué, c'était difficile de même me lever quelques heures pour prendre l'air... C'était là un signe de mon foie surchargé et de mon système digestif défectueux, mais je n'étais même pas à veille de me douter de ces choses. Je ne savais même pas alors à quoi servait le foie !

 

En sommes, malgré des signes de mon dépérissement qui aujourd'hui m'apparaissent évidents, je dois dire qu'à cette époque, je ne ressentais pas vraiment que mon état était risquée ou grave. Mon énergie était bonne et je m'en sortais vraiment pas si mal. D'ailleurs, comme vous pouvez le constater sur les photos, mon teint ou mon apparence ne me permettait pas de déceler l'accumulation de toxines qui était en cours dans mon corps.

 

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